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Bonne lecture.
J ai la chance de visiter la vieille ville de Novi Sad avec un guide personnel...et qui parle bien Français en plus. J'aime bien les détails décoratifs que l'on peut trouver au hasard des rues, sur les murs, ou sur les fenêtres des maisons...Y'en a même qui décorent joliment leur trottoir avec d'anciennes voitures françaises...La vieille ville a subi les bombardements en 1998 mais semble ne pas en avoir trop souffert quand on s'y promène aujourd'hui. Contrairement au pont principal qui sépare l'ancien centre du nouveau, qui lui, a été complètement ravagé.
C'est le lieu idéal pour accueillir des expositions en tous genre et l'Université des Arts y a établi son fief. J'entre discrétement dans l'atelier d'un vieux peintre et demande à mon guide si je peux faire quelques clichés. La réponse est positive.
Autour de cette forteresse élevée sur une colline au sud de la ville, on y trouve beaucoup de parcs et de verdure. Une ville agréable à pied. Bien qu'il reste encore des vestiges guerriers qui ternissent le décor, l'ambiance est paisible ici et les gens sont d'un naturel souriant et sympathique. Le centre ville accueille des édifices religieux de toutes obédiences, ça forme un métissage architecturale des plus intéressants. Ici il y a des musulmans, des catholiques et des orthodoxes. Les orthodoxes sont en majorité, à quatre-vingt pour cent.
J'ai la chance de découvrir quelques pochoirs intéressants animant les murs de plusieurs petites ruelles.
Dunja me propose d'aller manger dans une auberge vraiment typique pour le déjeûner. On est en sous-sol, dans d'anciennes caves à vin. Les peintures sur les murs représentent des scènes de la vie paysanne. Un lieu sympa où l'on mange bien!
L'après-midi, place à la visite du musée de la ville et à l'histoire de la Serbie. Le pays est resté sous l'emprise de l'empire Ottoman pendant près de 400 ans. C'est une histoire très dure pour les Serbes. Les Turcs n'étaient pas vraiment tendres avec eux d'après ce que j'en ai compris. Enfin, c'est le cas pour tous les empires j'imagine. Une histoire m'a particulièrement marquée. Les soldats Turcs venaient régulièrement récupérer des taxes au sein des familles Serbes. Cependant, ces dernières n'étaient vraiment pas assez riches pour en assurer le paiement sur le long terme. Les Turcs mirent alors en place "la dette de l'enfant". Avec un empire qui avait des frontières qui s'étendaient comme à l'infini, il fallait des soldats pour en assurer la garde et les effectifs Turcs venaient à manquer pour cette mission. Ils instaurérent alors cette loi : " ceux qui ne pourront pas payer la taxe, devront donner un fils. Et ce fils deviendra un soldat de l'armée Turque." Echange difficile à accepter pour les familles, surtout lorsqu'elles n'ont qu'un fils et qu'il est un précieux soutien au travail dans les champs. Pour nombre de mères, cette loi fut inaceptable et surtout...insurmontable. Pour la combattre et garder leur progéniture auprès d'elles, les femmes commencèrent à couper les mains de leurs fils pour entraver leur probable carrière de soldat!
On reconnait bien le style très détaillé, luxuriant et rempli d'or des fresques religieuses propres aux églises orthodoxes. Ca brille vraiment de mille éclats quand on est devant. C'est impressionnant tout cet or.
En progressant dans les étages on évolue dans le temps, jusqu'à la pèriode des peintres à l'aube du cubisme.
Sortis du musée, on continue la visite, mais elle est officieuse cette fois-ci (...et c'est ma préférée.)
Je tiens à voir l'intèrieur d'une église orthodoxes version "Serbie". Très "esthétique lumineux!"
Après cette journée bien remplie, je rentre à l'hostel Podbara. Un groupe d'une dizaine de jeunes étudiants Polonais a reservé toutes les chambres depuis plusieurs semaines et je n'ai donc plus d'accomodation pour la nuit. Je montre ma tente et explique que ce sera très bien pour moi dans la jardin. Ca étonne d'abord puis fait rire toute la famille. Les enfants voudront absolument visiter les lieux. Je suis encore invité à rester aussi longtemps que je le désire sans qu'il soit question d'argent. Vraiment hospitaliers ces Serbes. Mais la route m'appelle et c'est en plus une nouvelle et belle journée qui m'ouvre les bras, remplie de choses à voir...j'en suis sûr..Je file en empruntant la voie cyclable, qui sent le neuf, et je dis au revoir à la vieille ville en passant....
Je commence à aborder des pays que je ne connais pas et c'est très agréable pour moi. J'ai plusieurs fois, déjà, eu l'occasion d'expèrimenter les contrées yougoslaves mais c'est une première pour la Serbie. Je dois dire que quelque soit les partie visitées, elles m'ont toutes beaucoup plu et je leur ai toujours trouvé une singularité. Alors allons voir ce qui se passe du côté des Serbes...
C'est avant tout de grandes étendues cultivées mais pas pour autant exploitées avec de gros engins agricoles. J'y aperçois nombre de gens travailler la terre à la main, à l'aide d'outils et ils ont souvent un certain âge. Il fait déjà très chaud et les conditions de travail sont, je pense, très difficiles.
On peut touver toutes sortes de légumes, tout comme chez nous, mais davantage de fruits, car la météo est continentale "sud" et clémente. Les réserves à maïs sont légions par ici.
La route que j'empreinte pour entrer dans le pays n'est vraiment pas très large et je dois empiéter sur la trajectoire des voitures. Je sens que les personnes ici n'ont pas l'habitude de partager la voie avec les cyclistes. Ils me frôlent de très près sans ralentir leur allure. Ils n'ont tout simplement pas conscience de la fragilité du cycliste. Je m'arrangerai pour leur rappeler que je tiens à garder mes distances avec eux. Je bricolerai un "écarteur" maison à l'aide d'une branche et d'un morceau de tissu trouvé par terre. C'est la première fois que je ressens le danger à ce point sur la route.
"BANCO"! Les voitures ralentissent un peu, puis me doublent en faisant un écart, sans même que j'ai droit à des coups de klaxons. Voilà, c'était pas par mauvaise intention mais ils n'ont pas l'idée de s'écarter en me doublant, c'est tout. Bon à retenir.
Je croise des villages tous aussi charmants les uns que les autres. Je ne tarde pas à faire connaissance avec un Serbe qui a travaillé en Allemagne pendant plusieurs années. Nous échangeons un peu dans la langue Germanique. Nous croisons alors bientôt deux bons gaillards qui rentrent tout droit de la forêt avec des tuteurs fraîchement taillés. Je les prends en photo pour l'occasion....et pour montrer, encore, les différentes utilisation que l'on peut faire du vélo selon les pays...Ca les fait rire. Ils veulent maintenant m'inviter à boire la "rakija" avec eux. Histoire de me souhaiter la bienvenue. D'accord mais pas trop longtemps! Il n'est encore que quatorze heures...et il fait dans les 30 degrés.
Je suis donc invité dans la maison de Rade Kurgic, à Futog. J'atterris dans son grand jardin où c'est la fête des animaux. Des poules, des canards, des oies...des vaches et des chevaux dans le fond...C'est vraiment un jardin sympa! On commence par quelques rasades de Rakija (eau de vie locale qui peut-être à base de différents fruits) puis il commence à mettre la table : le fromage, le jambon, les olives, les concombres, les jeunes oignons (dont les yougoslaves rafolent) et l'omelette fraîche qui vient d'être faîte avec les oeufs ramassés deux minutes avant. Tout y est pour un très bon moment. Rade prend plaisir à me passer en revue des objets divers d'une collection assez inattendue...Les enfants sont contents d'avoir un invité et se joignent avec appétit à ce goûter improvisé. Merci pour ce chaleureux accueil en Serbie, c'est de très bonne augure!
Même les serpents ont le sourire ici, c'est vous dire!
Mon objectif pour cette journée est d'atteindre la ville de Novi Sad, principale ville du nord-ouest du pays. La route est belle et la nature y est préservée. Tiens, encore un vélo-à-bois! Bien pratique ces deux-roues quand même...C'est une région où les courbes du Danube semblent former de petits lacs. De nombreux citadins viennent y pécher et les familles y trouvent un lieu idéal de pique-nique.
Ca me plaît bien de longer l'eau pour arriver jusqu'à la ville mais ça me jouera des tours. Même si je profite d'une très belle scène sur un petit port intèrieur, je ne suis pas sur la bonne route. J'arrive au bout d'une sorte de presqu'île et je dois rebrousser chemin si je veux atteindre le centre...et la vieille ville. Heureusement, je profite encore de l'hospitalité exemplaire Serbe et la gentillesse d'un couple qui revient tout droit du Népal. Ils m'aideront à me diriger en les suivant en voiture. Ils me mèneront à mon futur lieu de repos. Un petit hostel "familial" vraiment très sympa et particulièrement convivial, l'hostel Podbara. Merci Alexandra et Boris!
La chance ne me quitte pas. Une des filles de la famille qui tient cet hostel est à l'université de Français de Novi Sad et elle use d'un Français impeccable! Je choisis de laisser un peu le vélo pour un temps et me balade à pied dans cette jolie ville. Pour le lendemain, le programme est déjà bouclé. Je passerai à la faculté dans la matinée pour expliquer le périple "Caen-Téhéran" dans la classe de Dunja et, l'après-midi, elle sera mon guide pour faire un tour dans la vieille ville.
J'y rencontre plusieurs de ses amis qui sont tous vraiments sympatiques et très curieux de ce qui se passe en France. Je fais la connaissance de Marco. C'est un bon sportif et il aime beaucoup le mountain bike. Il vient du Montenegro et me conseille d'aller y faire un tour dès que j'en aurais l'occasion. Sûrement une bonne idée. J'y suis entré sur quelques centaines de kilomètres il y a trois ans mais ne suis pas allé jusqu'à Kotor. D'après lui, cette ville vaut indéniablement le détour. Ce sera peut-être sur le chemin de mon trajet retour...
Désolé, il m'a bien fallu atterir! Il m'a fallu du temps....et je ne voulais pas que cet atterissage soit trop brusque. Il l'a quand même été. Sur la route, comme pour le voyage au long cours, on ne contrôle pas tout....pas même son retour. J'ai ressenti des choses assez spéciales à mon arrivée à Caen et me suis retrouvé, pour un temps, un peu bloqué à échanger toutes les expèriences que j'avais pu vivre et les choses que j'ai été amené à voir. Ca n'est déjà pas facile de résumer, de condenser, dans son esprit....alors pour en faire état aux autres. Il faut au préalable l'avoir un peu digéré soi-même...rien d'évident. On croise les gens qui nous ont manqué et tous ceux qui ont pensé à vous lors de votre "escapade" libertaire. Les questions reviennent, semblables et il est difficile de passer à côté. Au début c'était pesant. j'avais besoin de recul. De me retrouver encore seul....un peu.
Aujourd'hui je suis passé à la seconde étape,à l'image du périple routier. Je suis davantage prêt à échanger et à apprécier cette autre face du voyage. Le retour, l'échange, la réponse aux gentilles curiosités de mon entourage proche...et également des gens qui m'ont suivi sans que je les eussent connu auparavant.
C'est une période riche, des articles dans les journaux, qui rappellent que j'ai réussi mon pari. Je dois dire que j'en suis très heureux. J'ai eu des moments difficiles, c'est vrai, mais j'ai le sentiment que ma motivation était prête à se frotter aux épreuves qui jalonneraient ma route. Et c'est ça aussi le voyage. Je suis evidemment parti pour explorer cette partie personnelle, j'avais envie de savoir comment je réagirai, seul et loin, dans la difficulté et l'imprévu total. C'est le doux prix à pile et face de la liberté. on y goûte allégrement mais il faut en accepter tous les temps forts. Les bons comme les durs. Les durs s'effacent assez rapidement avec le temps et se transforment en souvenirs inaltérables, quand les bons restent un peu plus longtemps mais deviennent aussi diffus , dans la masse, pour mieux rejaillir par petits exces de mémoire ça et là. C'est une mémoire qui enchante au final. Elle fait le choix pour vous. Alors je la laisse aller, comme au gré du vent, qui parfois me poussait de l'avant quand il ne me plantait pas au sol,en m'embrassant de face!
Maintenant, c'est l'heure de quelques passages radio à la foire de Caen et je dois avouer que cette expèrience m'a bien plu. Une équipe très sympa m'a accueilli hier. Merci à Jean-noël Durand pour son invitation. Merci également à Mylène Hinard pour son implication dans les différents évènements autour de l'éco-mobilité, auxquels elle sait subtilement me faire prendre part. Merci à Nicolas Renauld et à sa femme Charlotte qui me donnent un sèrieux coup de main pour la préparation de mon exposition photo à l'hôtel de ville, prévu pour la fin Octobre. Merci à Jacob et Delphine qui se rendent encore et toujours très sèrieusement disponibles pour me permettre d'échanger de façon optimale avec vous au travers de ce site.
Enfin, pour ceux qui passeraient sur le site avant samedi, il vous est possible de m'entendre sur les ondes de France Bleu Normandie Caen, samedi à 17h45, en compagnie de l'animateur Cédric.
Petite anecdote, hier l'invité à l'émission de radio juste avant moi est une personnalité très connue, Denis Brogniart. On me fait la blague : "Eh si tu veux c'est le moment pour tenter de te faire une place à Koh Lanta!" Et je pense là, rien que pour moi, purée je crois bien que je l'ai eu mon Koh Lanta, et j'ai pas triché... Je n'ai pas écouté les douleurs que mon corps me renvoyait mais aujourd'hui ce sont les séances de kiné et d'osthéopathes qui s'enchaînent. L'envers du décor. Ca vous secoue quand même le squellette 5 mois sur un vélo à dormir partout sur un matales de 3 centimetres d'épaisseur!!!
Bien à vous. Je veux que ce site continue à vivre. Nous allons pour cela continuer la mise à jour du journal de bord....pour le faire lui aussi arriver jusqu'à destination : Téhéran.
Arnaud
Ca y est , ça se précise côté retour...et ça n'est pas vraiment moins fatigant que de pédaler finalement. Prendre les transports en commun avec le vélo n est vraiment pas aisé. Faut jouer des coudes, des sourires...et du backchich! Apres un retour en bus D'Isfahan à Téhéran (5 heures), j 'ai enchaîné le surlendemain avec un Bus Téhéran - Istanbul. Un trajet de pas moins de 40 en bus....et dans le même! Heureusement que l'ambiance était bonne. C'était l'occasion pour moi de connaître le céchaînement des Iraniens qui partent en vacances pour profiter des libertés estivales que lui propose son voisin Turque. Un musicien Kurde a mis le feu avec tous ses instruments de danses "transe" Soufiste et peu de temps après, tout le bus se mettait à danse pendant des heures durant...j'ai evidemment dû y passer mais ne suis pas trop doué...surtout dans un bus en marche qui roule à la façon d une voiture de course!! Me voilà Lundi Midi, à Istanbul. Ca fait un mois et demi que j étais au même endroit, mais dans l'autre sens, attendant mon bus pour Zonguldak!
Maintenant, c'est celui qui me mènera en Grèce, à Théssalonique, que j'attends. Je le prends à 18 heures et serai là-bas 10 heures plus tard. Je vais rester quelques jours en compagnie d'un couple d'amis que j'ai rencontré à l'aller. très sympa de revoir ses nouveaux amis de cette façon.
Après quoi je ferai un mixte Train - Bus pour atteindre la côte Croate à Dubrovnik, par Belgrade ou Sarajevo, selon les possibilités. J'hésite encore à passer à Kotor, Montenegro, dont j'ai entendu le plus grand bien. Cependant, je connais l'état des routes sur deux cents kilomètres avant Dubrovnik et c 'est loin dêtre confortable!! C'tait en plein travaux il y a trois ans. Le Montenegro est aussi beau que la Croatie, en moins cher et avec moins de touristes...pour l'instant! Toutefois, les infrastructures sont encore peu développées dans la région de Crna Gora et je dois avouer que ces facilités d'accomodation me manquent un peu alors la Croatie risque d'avoir rapidement ma préférence.
Voilà pour les nouvelles du front...qui va prendre, au fur et à mesure, des allures de vacances. Moi aussi j'ai droit à l'eau transparente et limpide, à matter les poissons et à faire bronzette...Faut bien que je me repose un peu avant la rentrée! Sans parler de tous ceux qui m'attendent pour bien me recevoir! Mais je compte quand même faire encore quelques centaines de kilomètres à vélo histoire de.....
Bonnes vacances à toutes et à tous.
Arnaud
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